Adopté le 10 avril 2025 lors de l’activité de mise en route de la plateforme Jamana Yaam, le règlement intérieur du comité scientifique ne se contente pas de poser des principes éthiques : il décrit, article après article, la mécanique concrète d’une instance qui pilote la recherche, le dialogue multi-acteurs et la diffusion des connaissances. Présidence, rythme des sessions, quorum, vote, rapportage : voici comment le comité scientifique de Jamana Yaam organise son travail et prend ses décisions.
Une présidence désignée par consensus
Les sessions du comité sont conduites par un président ou une présidente, désigné(e) par les membres eux-mêmes sur la base d’un consensus, pour toute la durée du programme PRECIP-BF. Son rôle n’est pas hiérarchique : il consiste à organiser et à animer les débats, à constater les accords et, lorsqu’ils manquent, à conduire le comité vers une décision.
Pour garantir la continuité, le règlement prévoit la suppléance : en l’absence du président ou de la présidente, la séance est conduite par l’un des vice-présidents qu’il ou elle a mandatés. Le bureau — présidence et vice-présidences — est, lui, exclusivement composé de membres résidant au Burkina Faso, un choix qui ancre la conduite des travaux dans le pays où la plateforme agit.
Un rythme de travail réglé
Le comité se réunit en session ordinaire une fois tous les deux mois, et en session extraordinaire chaque fois que l’actualité de la plateforme l’exige. Les réunions se tiennent au siège du NIMD à Ouagadougou ou en tout autre lieu approprié, en présentiel comme en ligne — une souplesse qui permet d’associer des membres répartis sur plusieurs pays.
Rien n’est laissé à l’improvisation. Les invitations partent une semaine à l’avance et la documentation utile à l’ordre du jour est transmise au moins 72 heures avant la séance. La règle a un objectif simple : que chaque membre arrive en ayant lu les dossiers et puisse délibérer en pleine connaissance de cause. Les membres qui ne résident pas au Burkina Faso ne sont pas tenus d’assister à toutes les rencontres ; ils y prennent part à leur convenance et reçoivent systématiquement un compte rendu pour suivre l’avancée des travaux.
Le consensus d’abord, le vote en dernier recours
Pour délibérer valablement, le comité doit réunir un quorum de cinq membres. La règle de décision, elle, privilégie clairement la recherche de l’accord : les décisions sont prises par consensus. Ce n’est qu’en l’absence de consensus, constatée par la présidence, qu’intervient un vote à la majorité simple ; en cas d’égalité des voix, celle du président ou de la présidente est prépondérante.
Cette hiérarchie — le consensus d’abord, le vote ensuite — n’est pas une simple formalité de procédure. Elle traduit la culture de dialogue qui fonde Jamana Yaam : sur des sujets aussi sensibles que la refondation de l’État ou la cohésion sociale, une décision construite ensemble pèse davantage qu’une décision arrachée à une courte majorité.
L’assiduité et l’obligation de réserve
Participer au comité engage. Le règlement attend des séances qu’elles se déroulent dans la sérénité et le respect mutuel, et soumet les membres à une obligation de réserve : la discrétion sur les avis exprimés en séance est absolue. Une fois adopté et porté au compte rendu, un avis engage l’ensemble du comité, et non les seules personnes qui l’ont défendu.
L’assiduité fait elle aussi l’objet de règles précises. En cas de trois absences consécutives ou de quatre absences cumulées, le comité statue sur le cas du membre concerné, qui peut, le cas échéant, être remplacé. Quant aux situations de conflit d’intérêt, réelles ou potentielles, elles doivent être signalées à la présidence avant tout examen de dossier, afin que le comité prenne les dispositions nécessaires.
Du rapportage à la mémoire de la plateforme
Le suivi du fonctionnement du comité repose sur le rapportage, assuré par le chargé de projet de la plateforme, secondé par le plus jeune membre du comité. Cette fonction couvre la réception et la vérification des dossiers à soumettre, la mise à disposition de la documentation nécessaire et, surtout, la gestion et la diffusion des comptes rendus.
La circulation de ces comptes rendus suit un calendrier strict : le projet est transmis aux membres dans un délai de sept jours ; ceux-ci disposent de trois jours pour faire part de leurs remarques ; la version finale, signée par la présidence, est ensuite diffusée. Pour gagner en efficacité, le comité peut par ailleurs créer les sous-commissions qu’il juge utiles et faire appel à des personnes ressources selon les besoins. Et au terme de son mandat — aligné sur la durée du programme PRECIP-BF — il produira un rapport général rendant compte de l’ensemble de ses activités.
Un cadre vivant, pas figé
Enfin, le règlement intérieur n’est pas gravé dans le marbre. Il peut être révisé à tout moment, sur décision prise à la majorité absolue des membres. Cette clause de révision dit quelque chose de l’esprit de la plateforme : se donner des règles claires, mais accepter de les faire évoluer à mesure que l’expérience s’accumule.
Les chiffres-clés du fonctionnement
- 1 session ordinaire tous les 2 mois, complétée par des sessions extraordinaires au besoin ;
- 5 membres : le quorum requis pour délibérer valablement ;
- 72 heures : le délai minimal de transmission de la documentation avant une séance ;
- 7 jours pour diffuser le compte rendu, puis 3 jours pour les remarques des membres ;
- 3 absences consécutives ou 4 cumulées : le seuil qui conduit le comité à statuer sur le cas d’un membre.
Derrière ces règles en apparence techniques se joue l’essentiel : faire du comité scientifique une instance prévisible, transparente et collégiale. C’est cette discipline de fonctionnement qui permet à Jamana Yaam de produire des savoirs crédibles et de les mettre, en confiance, au service du débat public et de la paix au Burkina Faso et au Sahel.
Pour aller plus loin
- Comment le règlement intérieur du comité scientifique garantit la crédibilité de Jamana Yaam
- La feuille de route du comité scientifique : ce que prévoit la note d’orientation
- Atelier de lancement : trois jours pour poser les fondations de la plateforme
- À propos de la plateforme Jamana Yaam
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