La feuille de route du comité scientifique de Jamana Yaam : ce que prévoit la note d’orientation

Études, notes d'analyse, dialogues et séminaires régionaux : la note d'orientation fixe la feuille de route du comité scientifique de la plateforme Jamana Yaam.

Une plateforme de production de savoirs ne vaut que par la feuille de route qu’elle se fixe. Pour la plateforme Jamana Yaam — « Intelligence(s) du pays » en bambara/dioula et en mooré —, animée par le NIMD Burkina Faso dans le cadre du programme PRECIP-BF financé par l’Union européenne, cette feuille de route tient dans un document fondateur : la note d’orientation portant mise en place du comité scientifique. Ce texte ne se contente pas de désigner les personnes qui pilotent la plateforme. Il définit, mission par mission, ce que cette instance doit concrètement produire au cours des dix-huit mois du programme.

Une autorité scientifique, et non un simple comité de lecture

Le comité scientifique assure, en collaboration avec l’équipe du NIMD, l’autorité technique et scientifique de Jamana Yaam. La note d’orientation lui confie un rôle de supervision sur l’ensemble de la chaîne : les activités de recherche, les analyses, la conception des supports éducatifs et la création des supports de diffusion des produits de la plateforme.

Treize membres composent cette instance : sept résidant au Burkina Faso et six à l’international — Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Suisse. Pour structurer le travail, la note d’orientation prévoit un bureau resserré : une présidence confiée en priorité à un enseignant-chercheur, deux vice-présidences et deux postes de rapporteur. Loin d’un comité de lecture passif, le comité intervient en amont comme en aval de chaque production.

Première mission : lancer la plateforme et la faire vivre

La note d’orientation ouvre la feuille de route par le commencement : participer au lancement de la plateforme et assurer son fonctionnement permanent. À l’issue de l’identification de ses membres, le comité se réunit trois jours durant à Ouagadougou pour fixer les modalités de travail et les règles de fonctionnement de la plateforme.

Ces journées sont mises à profit pour un travail décisif : identifier les thématiques des études contextuelles, deux à l’échelle nationale et une à l’échelle régionale. La troisième journée se clôt par la cérémonie de mise en route officielle. Au-delà de ce lancement, le comité a la charge de faire vivre la plateforme dans la durée, à travers la réalisation des supports de diffusion de ses produits.

Le cœur du mandat : superviser études et notes d’analyse

L’essentiel de la feuille de route porte sur la production scientifique. La note d’orientation fixe un volume précis : trois études thématiques — deux nationales, une régionale — et six notes d’analyse politique sur le Burkina Faso et le Sahel, à raison d’une note par trimestre.

Pour chacune, le comité scientifique assume une série de responsabilités concrètes :

  • élaborer les termes de référence des études et ceux du recrutement des consultants ;
  • évaluer les offres techniques et financières, choisir les consultants et assurer le suivi de leurs travaux ;
  • rédiger les termes de référence des notes d’analyse et identifier les experts chargés de les concevoir — des membres du comité pouvant eux-mêmes endosser ce rôle ;
  • s’assurer de l’effectivité de la formation des enquêteurs avant la collecte des données sur le terrain.

Chaque étude franchit ensuite trois étapes d’ateliers inclusifs et participatifs. L’atelier de cadrage évalue les offres des consultants et arrête la méthode. L’atelier d’amendement examine les rapports provisoires. L’atelier de validation restitue les rapports définitifs et acte leur qualité. Le même cheminement encadre l’élaboration des notes d’analyse. Cette discipline en trois temps garantit qu’aucune production ne paraît sans avoir été discutée, corrigée puis approuvée collégialement.

Mettre les savoirs en dialogue

Produire ne suffit pas : Jamana Yaam est aussi une plateforme de dialogue. La note d’orientation confie au comité la supervision de douze activités d’échanges multi-acteurs autour des études et analyses réalisées. Le comité choisit, selon la nature et la sensibilité de chaque sujet, le format le plus adapté : dialogue multi-acteurs, table ronde, échange public ou rencontre sous le format Chatham House.

S’y ajoutent deux séminaires régionaux de trois jours chacun. Préparés en amont avec l’équipe NIMD, ils approfondissent des problématiques communes aux pays du Sahel — Burkina Faso, Mali, Niger — et à la sous-région ouest-africaine. Le comité y apporte son expertise pour la préparation technique et pédagogique, les débats étant conduits par des modérateurs expérimentés.

De la recherche aux supports éducatifs

La dernière étape de la feuille de route relie la recherche au grand public. En lien avec le comité pédagogique de l’École de la Citoyenneté (ECIT) et l’équipe du NIMD, le comité scientifique suit la conception de supports culturels et éducatifs sur la citoyenneté, la gouvernance publique et la cohésion sociale. Il prend part au choix des experts et des artistes mobilisés pour les concevoir.

Il valide ensuite ces contenus et accompagne leur diffusion sur des supports variés — vidéos, audios, bandes dessinées, livres, affiches, banderoles ou panneaux. C’est par ce dernier maillon que les savoirs produits par la plateforme quittent les cercles académiques pour rejoindre le débat citoyen.

Un mandat cadencé sur dix-huit mois

La note d’orientation assortit ces missions d’un rythme de travail. Le comité dispose de trois jours pour la mise en route de la plateforme, puis de trois jours pour chacune des séquences d’ateliers — cadrage, amendement et validation des études. À cela s’ajoute une réunion bimestrielle de deux jours, soit neuf rencontres sur la durée du programme, et autant de réunions supplémentaires que nécessaire, notamment pour la validation des notes d’analyse.

À chaque rencontre, les rapporteurs établissent un compte rendu ou un procès-verbal. Membres du comité, les chercheurs et praticiens mobilisés interviennent en qualité de prestataires, dans le cadre de contrats individuels qui les lient au NIMD. Sur dix-huit mois, cette mécanique transforme une intention — produire des savoirs utiles à la paix — en un programme de travail précis et vérifiable.

Chiffres clés de la feuille de route

  • 13 membres au comité scientifique, dont 6 internationaux ;
  • 3 études thématiques (2 nationales, 1 régionale) ;
  • 6 notes d’analyse politique, soit une par trimestre ;
  • 12 activités d’échanges multi-acteurs ;
  • 2 séminaires régionaux de 3 jours ;
  • 18 mois de mandat, alignés sur le programme PRECIP-BF.

En détaillant chacune de ces missions, la note d’orientation fait du comité scientifique bien plus qu’un organe consultatif : elle en fait le maître d’œuvre d’un cycle complet, de la commande d’une étude jusqu’à sa traduction en supports accessibles à tous. C’est cette feuille de route, méthodique et datée, qui donne à Jamana Yaam sa colonne vertébrale.

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Publié sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Reprise bienvenue avec mention de la source.

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