Cinq femmes sur vingt-deux ministres : où en est la représentation féminine dans les institutions de transition ?

Cinq femmes au gouvernement, 18,3 % de députées : un état des lieux chiffré de la place des femmes dans les institutions burkinabè et des écarts avec le cadre légal sur le genre.

Cinq femmes parmi vingt-deux ministres, 18,3 % de députées : les chiffres de la représentation féminine dans les institutions burkinabè dessinent un écart persistant avec le cadre légal sur le genre. Ce brief propose un état des lieux factuel, sans verdict définitif.

Cinq femmes au gouvernement

Le gouvernement formé le 12 janvier 2026 compte cinq femmes sur vingt-deux ministres. Elles occupent des portefeuilles variés : la lieutenante-colonelle Passowendé Pélagie Kabré/Kaboré à la Famille et à la Solidarité, Aminata Zerbo/Sabané à la Transition numérique, Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingué Ouattara aux Sports, à la Jeunesse et à l’Emploi, Fatoumata Bako/Traoré comme ministre déléguée au Budget et Bebgnasgnan Stella Eldine Kabré/Kaboré comme ministre déléguée aux Affaires étrangères.

Cette présence, concentrée notamment sur le numérique, la solidarité sociale et la jeunesse, est lue par certaines observatrices comme la confirmation d’une montée progressive du leadership féminin dans des secteurs jugés stratégiques. D’autres soulignent qu’une proportion d’environ une ministre sur quatre demeure éloignée d’un objectif de parité.

Moins d’une députée sur cinq

Au sein de l’organe législatif, les femmes représentaient en 2025 environ 18,3 % des membres. Ce taux est à mettre en regard du cadre légal burkinabè : la loi sur le quota genre prévoit qu’au moins 30 % des candidatures sur les listes électorales reviennent à des femmes. L’écart entre la règle et la composition effective des instances n’est donc pas propre au gouvernement ; il traverse l’ensemble des institutions.

Des obstacles structurels documentés

Les enquêtes d’opinion confirment que la question dépasse la seule désignation aux postes de responsabilité. Selon les travaux d’Afrobarometer, les Burkinabè continuent de percevoir des obstacles importants à l’égalité, qu’il s’agisse de l’accès des femmes aux fonctions de direction ou de la propriété de la terre et des biens. Les freins relèvent autant des normes sociales que des dispositifs institutionnels.

Plusieurs programmes, portés par des partenaires techniques et des organisations de la société civile, visent à renforcer le leadership féminin, en particulier dans les instances de décision des collectivités territoriales. Leur effet se mesure sur le temps long et dépend de leur articulation avec les réformes en cours.

Ce que disent les observatrices

Les militantes et observatrices des droits des femmes appellent à un effort accru lors des prochaines nominations, afin de consolider la présence et l’influence des femmes dans la gouvernance. Le débat ne porte pas seulement sur des quotas numériques, mais aussi sur la nature des responsabilités confiées et sur les conditions concrètes d’exercice du pouvoir.

La représentation féminine constituera l’un des indicateurs à suivre dans l’évolution des institutions burkinabè. Jamana Yaam y consacrera des analyses régulières, fondées sur des données vérifiées.

Pour aller plus loin

Publié sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Reprise bienvenue avec mention de la source.

sur cette page

partager cet article

Lire aussi

Dans la même catégorie.

La plateforme Jamana Yaam organise le 23 juillet 2026 à Ouagadougou un atelier multi-acteurs consacré au rôle de la culture citoyenne dans le processus de refondation de l’État burkinabè, réunissant chercheurs, autorités traditionnelles et organisations de la société civile.
Première note d’analyse de Jamana Yaam sur la participation citoyenne des jeunes dans la refondation du Burkina Faso : freins, leviers et recommandations.
Publiée en novembre 2025, la première note d’analyse de la plateforme Jamana Yaam dresse l’état de la participation citoyenne des jeunes burkinabè et formule ses recommandations pour la refondation.